Paradoxe


Pierre Bayard

Qui a tué Roger Ackroyd ?


1998
Collection Paradoxe , 168 pages
ISBN : 9782707316530
14.48 €
* Réédition dans la collection de poche Reprise n°1


Même s’ils n’ont pas lu le chef-d’œuvre d’Agatha Christie, Le meurtre de Roger Ackroyd, de nombreux lecteurs, surtout parmi les amateurs de romans policiers, connaissent le procédé qui l’a rendu célèbre et croient pouvoir affirmer l’assassin est le narrateur.
Mais est-ce si sûr ? Comment se fier a un texte où les contradictions abondent et qui s’organise autour d’un récit unique, celui du prétendu criminel ? Et qui peut dire qu’Hercule Poirot, dans son euphorie interprétative, ne s’est pas lourdement trompé, laissant le coupable impuni ?
Roman policier sur un roman policier, cet essai, tout en reprenant minutieusement l’enquête et en démasquant le véritable assassin, s’inspire de l’œuvre d’Agatha Christie pour réfléchir, avec l’aide de la psychanalyse, sur ce qui constitue la limite et le risque de toute lecture : le délire d’interprétation.

‑‑‑‑‑ Table des matières ‑‑‑‑‑

Prologue

A. Enquête. I. Le meurtre – II. L’enquête – III. Le principe de Van Dine – IV. Le mensonge par omission

B. Contre–enquête. I. La nuit qui ne finit pas – II. Le paradoxe du menteur – III. Invraisemblances – IV. L’assassin idéal

C. Délire. I. La croisée des chemins – II. Qu’est–ce qu’un délire ? – III. Délire et théorie – IV. Délire et critique

D. Vérité. I. Rideau – II. La vérité – III. Rien que la vérité – IV. Mais toute la vérité.

ISBN
PDF : 9782707326294
ePub : 9782707326287

Prix : 8.49 €

En savoir plus

Josyane Savigneau (Le Monde, 20 novembre 1998)

Arrêt sur énigme
Qui a tué Roger Ackroyd ? À la lecture de l’essai-enquête de Pierre Bayard, les lecteurs d’Agatha Christie pourraient avoir à réviser leurs conclusions.
 
« Comment, en posant une question à laquelle tant de gens pensent pouvoir répondre – “ Qui a tué Roger Ackroyd ? ” –, Pierre Bayard parvient-il à faire à la fois le plus excitant roman policier d’énigme de l’année et un essai subtil sur la narration et la lecture, sur leurs limites, leurs périls, leurs délires, au premier rang desquels le délire d’interprétation ? Ceux qui connaissent les ouvrages de Pierre Bayard, sur Laclos, Maupassant et Proust notamment (1), ne seront pas étonnés que cet esprit original – qui incarne au plus juste le titre de la collection des Éditions de Minuit dans laquelle il est publié, « Paradoxe » – ait réussi ce tour de force (2). Quant aux autres, le suspense, la virtuosité logique, la force de conviction et le style de cette histoire policière si particulière leur permettront sans doute un premier accès au travail de Bayard, l’un des plus stimulants qui soient.
Qu’on aime ou non les romans policiers, qu’on connaisse bien ou mal Agatha Christie, on est généralement en mesure de dire qui a tué Roger Ackroyd, car Le Meurtre de Roger Ackroyd – un des premiers livres d’Agatha Christie, bien qu’Hercule Poirot y soit à la retraite – a immédiatement assuré la renommée de la romancière, même s’il n’a pas fait l’unanimité à sa parution, Agatha Christie y enfreignait “ un élément essentiel du pacte de lecture implicite qui lie l’auteur d’un roman policier à son public ” et qui veut que l’assassin ne soit jamais le narrateur. Or, dans Le Meurtre de Roger Ackroyd, l’assassin est le narrateur. Le procédé a fait de ce livre l’un des plus célèbres de l’histoire littéraire, bien au-delà du genre policier. Il a été l’objet de nombreuses études – de Roland Barthes à Umberto Eco – “ pour traiter des problèmes théoriques qu’invite à poser la particularité de sa construction ”.
Donc, jusqu’ici, l’affaire était entendue : le narrateur du Meurtre de Roger Ackroyd est le meurtrier, il s’appelle le docteur Sheppard. Quand il est désigné par Hercule Poirot, il décide de se suicider. Le seul terrain de réflexion sur ce livre demeure celui de la construction : comment faire de l’assassin le narrateur ? Où est le moment de l’omission principale de son récit – celle du crime ? Comment l’assassin peut-il être confondu, dans cette histoire qu’il raconte lui-même ? La question “ Qui a tué Roger Ackroyd ? ” ne serait donc pertinente que dans un jeu du genre Trivial Pursuit, le gagnant répondant sur-le-champ : “ le narrateur ”. Mais voici qu’entre en scène un détective insoupçonné, Pierre Bayard, qui a décidé de reposer la question en refaisant l’enquête. (…) »

(1) Le Paradoxe du menteur : sur Laclos ; Maupassant, juste avant Freud ; Le Hors-sujet ; Proust et la digression, tous aux Éditions de Minuit.
(2) Voir l’article de Jean Bellemin-Noël, « Hercule Poirot exécuté, ou la fin des paradoxes », dans la revue Critique (n°618, novembre 1996)

Octavi Marti, journaliste au quotidien El Pais, (Journal du dimanche, 20 décembre 1998)

Attention aux Hercule Poirot
 
« À époque, curieusement, il faut souvent lutter pour établir ce qui est évident. Parce que l’évident est souvent aussi suspect que le caché. Certes, de brillants “ interprètes ” ne cessent d’analyser toutes sortes de questions, mais la vraie question est de se demander ce qui fait d’eux de légitimes “ interprètes ”.
Il y a d’abord la voix des unies, mais ce n’est pas parce que l’on est majoritaire que l’on a toujours raison. Un président affaibli peut ainsi continuer à parler de Saddam comme d’un “ danger très réel ”, son insistance ne donne pas plus de crédit à son mensonge. De même, un dictateur moustachu peut continuer à livrer une version des faits teintée de masochisme patriotique, elle reste tout aussi empêtrée dans des délires interprétatifs.
Autre voie royale pour devenir interprète à vie des faits et des gestes : devenir professionnel. L’un de mes très bons amis est en train de faire les frais de l’impossibilité de déboulonner les “ interprètes ” qui, dans son cas, sont à la fois des élus, les jurés, et des professionnels, les juges. Condamné à dix ans de prison, il vit dans l’attente d’un hypothétique recours en cassation. Officiellement, il a abusé de son beau-fils. En fait, les juges ont préféré la parole d’un jeune mythomane à celle d’un quadragénaire désabusé. Simplement parce que, selon le substitut du procureur de la République chargé des mineurs au tribunal de grande instance de Nantes, qui l’a écrit noir sur blanc, le jeune apporte la seule chose que les victimes ont : la parole. Bien sûr, le procureur admet qu’“ un dossier peut comporter une accusation fallacieuse ”, mais, dans le cas d’un mineur – même si celui-ci a maintenant plus de vingt ans et fait au tribunal un exposé des faits qui semble tiré du livre d’un des psychologues qui ont témoigné en sa faveur – ce dernier est toujours victime et, ergo, dit toujours la vérité.
De tels délires d’interprétation voient ainsi des juges traiter Freud – un simple philosophe – comme un scientifique. Le danger est donc là, dans la transformation d’une simple opinion en certitude, de la philosophie en science exacte ou de l’idéologie en vérité. Pour avoir droit à une révision de son procès dans une instance judiciaire qui refuse l’appel, mon ami ne peut qu’espérer en la reconnaissance de l’existence d’une erreur dans la procédure, d’un vice de forme. C’est une situation dramatique de dépendance abusive des “ interprètes ”.
L’écrivain Pierre Bayard vient justement de publier Qui a tué Roger Ackroyd ?, un livre qui à sa façon dénonce de telles dérives, en remettant la psychanalyse, et donc l’interprétation, à la place qui est la sienne. Pierre Bayard reprend ainsi le célèbre roman policier d’Agatha Christie, celui dans lequel le lecteur découvre à la fin qu’en fait c’est le narrateur lui-même qui est l’assassin de Roger Ackroyd.
Or Pierre Bayard refait l’enquête et met en évidence à quel point Hercule Poirot a bâclé son travail de détective, prisonnier qu’il est de ses préjugés d’investigateur-star, capable ainsi d’oublier les évidences et de forcer les interprétations, pour se garder toujours les principaux effets de manches. Ainsi, pour Pierre Bayard, Hercule Poirot est un serial killer du verbe, quelqu’un qui tue avec la parole, en détournant le sens des choses, en adaptant la réalité à ses convenances romanesques, à l’exigence d’une fin théâtrale. Selon Bayard, c’est tout cela qui amène Poirot à forcer le suicide du narrateur, en l’accusant d’un crime qu’il n’a pas commis. Le docteur Sheppard découvre que sa parole n’a plus de valeur, que personne ne peut oser contredire le brillant Poirot puisque le détective est le spécialiste incontestable, l’incarnation même de la Vérité.
Il y a peu, Umberto Eco lui-même s’interrogeait sur “ les limites de l’interprétation ”, nous rappelant la nécessité d’une tension entre la littéralité, avec ses preuves, et le délire, avec ses inventions. La justice idéologique, qui préfère les grands principes aux faits vérifiés, ou la politique, qui invoque des arguments que le sens commun réfute, ont toutes deux besoin d’un Pierre Bayard qui pose les bonnes questions.
La relecture qu’il a fait d’ Agatha Christie comme celle que le réalisateur Cédric Kahn vient de faire de Moravia, avec L’Ennui, sont intelligentes. Surtout, elles se placent sur le terrain de l’esprit, là ou chacun peut choisir ses règles. C’est un espace sacré de liberté, qu’il faut préserver de ceux qui veulent toujours opérer des transpositions automatiques vers la réalité. Le livre de Bayard n’a rien à voir avec les tracas de mon ami, ceux de Clinton ou de Saddam, ou encore avec cette actualité qui remplit les journaux. Mais au-delà de la simple découverte du nom du criminel, il nous propose une vraie réflexion sur le travail de l’“ interprète ”, du lecteur, de l’homme. Prendre du recul n’est pas inutile en ces temps agités. »

Jean-Baptiste Marongiu (Libération, 12 novembre 1998)

Qui tue qui
Et si toute interprétation était meurtrière ? Pierre Bayard enquête sur Agatha Christie.
 
« Dans le roman policier, c’est connu, il faut au moins un meurtre, et l’assassin ne peut pas être n’importe qui, surtout pas le valet de chambre ou le jardinier. Autrement dit, le coupable ne doit jamais être un personnage secondaire, et doit, en revanche, s’afficher sous les yeux de tous depuis le début de l’histoire. I’habileté de l’auteur consistera alors dans le déguisement de l’évidence et dans le détournement de l’attention du lecteur jusqu’au dénouement final. Agatha Christie a illustré à la perfection cette structure fondamentale du roman policier d’intrigue. À-t-elle toujours observé ce pacte implicite qui veut aussi que l’on ne pousse pas le déguisement jusqu’à cacher l’assassin sous le narrateur ou, pire, à faire de l’investigateur un meurtrier ? Un essai de Pierre Bayard, Qui a tué Roger Ackroyd ?, vient non pas livrer la réponse (bien connue par les fidèles de la dame anglaise) mais suggérer que la folie meurtrière n’épargne personne, ni les personnages, ni l’auteur, ni même le lecteur. Ainsi son enquête permet d’identifier un autre assassin, différent de celui trouvé par Hercule Poirot dans le Meurtre de Roger Ackroyd, et, partant, elle permet de dévoiler le second objet, plus théorique, de cet essai en forme de roman policier : l’interprétation comme délire. Réfuter la solution de Poirot revient, en effet, à la considérer comme délirante. Mais le lecteur qui lui oppose la sienne, en passant outre la clôture de toute œuvre, ne court-il pas le risque de faire une lecture encore plus délirante ? Ayant en leur centre une énigme à résoudre, le roman policier et la psychanalyse se donnent un ancêtre commun : l’Œdipe-roi de Sophocle. Freud le pressentait, de même qu’il décelait un lien certain entre délire et activité théorique. Ne s’agit-il pas, dans un cas comme dans l’autre, d’une démarche consistant, dit Pierre Bayard, “ à rechercher minutieusement des indices, à interpréter des faits et organiser nos déductions en une construction d’ensemble harmonieuse ” ? D’ailleurs, “ dans la conception freudienne, le délire est moins une folie que son contraire, c’est-à-dire une tentative pour mettre de l’ordre dans la folie ”. C’est bien alors la question de la place du sujet dans la théorie qui est ici posée : “ De même qu’un mouvement de théorisation structure tout délire, une part de délire organise parallèlement tout travail théorique. ”
Agatha Christie devint riche et célèbre, en 1926, avec Le Meurtre de Roger Ackroyd, où elle brisait pour la première fois le pacte avec le lecteur de ne pas faire du narrateur l’assassin. Elle n’en resta pas là : dans Rideau, retrouvé dans son coffre et publié posthume, c’est Hercule Poirot lui-même qui se transforme en meurtrier pour ne pas laisser impuni un assassin qu’il ne parvient pas à confondre. Comme si elle voulait rappeler à ceux qui n’auraient pas encore compris que l’interprétation policière est d’abord une mise à mort, car elle mène à son terme “ la logique de toute interprétation, qui est de faire disparaître son objet en lui trouvant son équivalent dans une langue étrangère ”».

Tiphaine Samoyault (La Quinzaine littéraire, 16 octobre 1998)

L’interprète et l’assassin
À la question canonique “ qui a tué Roger Ackroyd ? ”, tout amateur même peu averti, de roman policier classique répondra de manière absurde mais exacte : le narrateur ! On se doute néanmoins que si Pierre Bayard pose la question et fait de cette question le titre même de son livre, la réponse risque fort de n’être pas celle que l’on croit connaître.
De l’interprétation considérée comme un des beaux-arts (et dès lors comme une forme d’assassinats.
 
« On ne raconte pas un roman policier puisque la loi du genre confère au lecteur l’immense privilège de découvrir à la fin seulement la solution de l’énigme. Pas plus racontera-t-on le fin mot de l’itinéraire de Pierre Bayard qui entreprend, sous la forme d’un roman policier sur le roman policier, de dévoiler qui, selon toute logique, est le véritable assassin de Roger Ackroyd. Après Barthes, Genette, Greimas et Eco, l’auteur entreprend une analyse du roman d’Agatha Christie, mais tandis que ces derniers, en bons structuralistes, s’occupaient à dénuder le procédé, Bayard s’attache à dérouler le continu du raisonnement de ce brave Poirot, “ tellement heureux de son inventivité qu’il se soucie peu de revenir sur les problèmes innombrables que pose une énigme complexe ”. Le paradoxe saute aux yeux : le roman d’une enquête n’est pas une enquête et la clé de l’énigme est toujours celle que l’auteur a choisie. Mais Bayard défait l’idée selon laquelle le roman policier serait à ce point totalitaire : il donne les pleins pouvoirs au lecteur pour relever les contradictions d’une interprétation policière qui pourrait bien constituer un cas, des plus remarquables en littérature, d’erreur judiciaire.
La démonstration qui démasque le “ vrai coupable ” est d’une habileté littéralement renversante. Non seulement l’auteur se substitue au détective et détruit le mythe de sa perspicacité légendaire, mais il lui reprend sa méthode, telle qu’exposée dans le roman d’Agatha Christie au docteur Sheppard : “ Je vais vous faire suivre le chemin que j’ai suivi moi-même ; vous m’y accompagnerez pas à pas et vous vous rendrez compte que tous les faits conduisent indiscutablement vers la même personne. ” Le lecteur est ainsi tranquillement mené d’une minutieuse analyse de l’enquête, fondée sur le fameux principe de Van Dine selon lequel le véritable coupable doit être dissimulé au lecteur, dont la participation dès lors équivaut à un aveuglement, à une vigoureuse contre-enquête au cours de laquelle les failles du raisonnement et les blancs du texte sont soigneusement mis en évidence. À l’exposé ludique succède un examen théorique de la notion de délire qui justifie psychanalytiquement la méprise d’Hercule Poirot tout en mettant l’accent sur sa réversibilité : “ le délire étant une surinterprétation, qualifier un discours de délirant, c’est prendre le risque de l’être devenu soi-même, par excès d’interprétation. ” Établissant ainsi l’incontestable existence du sujet de la lecture, Pierre Bayard peut librement, dans une dernière partie, fournir sa solution de l’énigme en ayant ménagé le suspense jusqu’à la fin et faire de l’interprétation du texte littéraire un art qui n’avait jamais été esthétisé à ce point.
Reste un problème que soulève Jean Bellemin-Noël, dans un article de la revue Critique (1) : “ que devient dans cette affaire l’auteur du récit ? ” Il est vrai que le soupçon critique de Pierre Bayard porte sur Hercule Poirot et escamote totalement la responsabilité d’Agatha Christie elle-même dans les faiblesses de l’enquête. Soit, il est tentant de le penser, elle ne contrôle pas la totalité de son univers fictionnel ; soit elle trompe doublement le lecteur par un second détournement, en faisant d’un autre suspect principal (après Paton) le coupable avéré. Qui a tué Roger Ackroyd ? semble suggérer que c’est l’inconscient qui est au travail dans cette lourde méprise, qui est autant l’inconscient du détective que celui du créateur puisqu’aussi bien les indices sont privilégiés par l’un et par l’autre. Pierre Bayard choisit pour sa part de mettre en évidence d’autres indices, prenant appui sur une omission dans le journal fictif de Sheppard et un blanc dans le texte pour ouvrir infiniment l’espace du roman à l’interprétation. Il poursuit alors un double objectif : conduire son propre roman policier (convaincant jusque dans la fausse piste qu’il pose au centre du livre, celle de l’assassin idéal qui est bien entendu Ralph Paton), et écrire un texte théorique sur les fondements de l’interprétation qui ne fasse pas de l’interprétant un simple dévoileur de sens mais aussi un possible assassin. Le lecteur, subjugué par autant de jubilante adresse, tâche alors d’en faire autant. Quel délire pousse le critique à vouloir transformer une sordide histoire d’argent (interprétation de Poirot) en un beau roman d’amour (interprétation de Bayard) ? Une idée qu’il se fait du roman peut-être ? En tout cas, et ma propre interprétation se fonde sur des indices donnés par le texte, une très bonne connaissance des liaisons dangereuses... (…) »

1. « Hercule Poirot exécuté, ou la fin des paradoxes », Critique, n°618, novembre 1998.

 

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