Théâtre


Samuel Beckett

Pas

suivi de Quatre esquisses
(Pas - Fragment de théâtre I – Fragment de théâtre II – Pochade radiophonique – Esquisse radiophonique)


1978
104 pages
ISBN : 9782707302182
9.45 €


* Pas. Écrit en anglais en 1974. Première publication : Footfalls, Londres, Faber and Faber, 1976. Première publication de la traduction française de l'auteur aux Éditions de Minuit, en 1977, sous forme d"une plaquette au tirage limité, et dans le numéro de septembre 1977 de la N. R. F.

* Fragment de théâtre I. Écrit en français (daté  années 60 ? ). Première publication dans la revue Minuit, n°8, 1974.

* Fragment de théâtre II. Écrit en français (daté années 60 ? ). Première publication dans la revue L’Herne consacré à Samuel Beckett, n°31, 1976.

* Pochade radiophonique. Écrit en français (daté années 60 ? ). Première publication dans la revue Minuit, n°16, 1975.

* Esquisse radiophonique. Écrit en français (daté  vers 1962-1963 ). Première publication dans la revue Minuit, n°5, 1973.
 Qui est donc cette femme en haillons qui pas à pas arpente la scène en " ressassant tout ça ” ? On peut croire tout d'abord qu'elle se nomme May et qu'elle dialogue avec sa mère mourante dont la voix provient d'une pièce voisine. Mais ce n'est peut-être pas seulement de cela qu'il s'agit. Samuel Beckett, usant de noms miroirs en anagrammes, brouille les pistes. May serait-elle de fait cette Amy qu'elle évoque ? Est-ce la mère qui se nome Amy, qui elle aussi va et vient sans cesse en “ haillons gris blanc ”, et qui dialoguerait à son tour avec sa propre mère Madame W. ? Ailleurs, Samuel Beckett écrit : “ Oui, j'ai été mon père et j'ai été mon fils... ” Ici, May est-elle devenue la mère de sa propre mère dont c'est alors l'enfance a rebours comme il advient à l'approche de la mort ? De long en large et retour, le trajet que May suit, toujours le même, trace le signe de l'infini : le sens du temps est aboli, de génération en génération les filiations s'inversent, se brouillent. Passé et avenir, ce qui fut, ce qui fut seulement imaginé, ce qui sera, ce qui seulement aurait pu être : “ tout ça ”, infiniment ressassé, est infiniment présent.
Cette femme sans identité et sans âge incarne la mémoire qui, de toute éternité, suit pas à pas le dédale douloureux, incertain et fascinant de tous les présents possibles et impossibles. 
Edith Fournier


 

Du même auteur

Poche « Double »

Livres numériques

Voir aussi

* Robert Pinget, La Manivelle, édition bilingue. Texte anglais de Samuel Beckett, The Old tune.

Sur Samuel Beckett :
* Revue Critique n°519-520, septembre 1990, numéro spécial,  Samuel Beckett  (Minuit, 1990).
* Antoinette Weber-Caflish, Chacun son dépeupleur. Sur Samuel Beckett (Minuit, 1995).
* Evelyne Grossman, La Défiguration. Arthaud, Beckett, Michaux (Minuit, 2004).




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