Romans


Jonas Sollberger

Viens Élie


2026
144 pages
ISBN : 9782707357250
17.00 €


« qu’est-ce que tu fais Moïse dit Élie tu vas où et Élie voit comme Moïse prend de l’élan et se laisse porter par l’air chaud mélangé à l’air frais et humide de la forêt et Élie se dit qu’il faut garder son calme car ça lui arrive à Moïse de s’aventurer un peu autour de quelques arbres avant de revenir se poser sur son épaule »

Tandis que la nuit tombe peu à peu sur la forêt, Élie part à la recherche de son oiseau, ignorant les prières répétées de sa mère et de sa sœur qui l’exhortent à abandonner et rentrer à la maison. Malgré sa peur, Élie persiste à écouter cette autre voix qui l’appelle dans l’obscurité.

Viens Élie, premier roman de Jonas Sollberger, est le récit d’une quête d’identité.

ISBN
PDF : 9782707357274
ePub : 9782707357267

Prix : 11.99 €

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« Viens Élie, de Jonas Sollberger, n'est pas un roman réaliste, ce qui fait déjà son originalité dans le paysage littéraire d'aujourd'hui. [...]

Les phrases, ponctuées le moins possible, font naître un monde autonome en aspirant l'esprit de la forêt, celui de l'enfant et celui de l'oiseau. Elles ne font qu'un avec eux et composent autour d'eux un cercle magique dans lequel nous sommes pris nous aussi. [...]

Avec une dimension explicitement allégorique, le texte fait pourtant disparaître sa référence immédiate. Il rassemble dans sa quête toute l'expérience de l'enfance au moment même où elle ne se laisse plus attraper. [...]

« Quel est donc ce modèle d'enfance - écrite et vécue - que la passion des oiseaux suffit à définir ? » C'est la belle question que posait l'ethnologue Daniel Fabre (1947-2016) dans l'introduction d'un article intitulé « La voie des oiseaux. Sur quelques récits d'apprentissage » (L'Homme, n°99, 1986). La pie de Chateaubriand, la grive de Stendhal ou les chardonnerets de Victor Hugo ne témoignent pas seulement d'une volonté de maîtriser la nature en l'apprivoisant. L'amour passionné des oiseaux est aussi une quête de l'inaccessible, sous la forme d'un langage capable d'exprimer à la fois le monde sensible et le sens qui se dérobe. En empruntant cette voie, l'auteur de ce premier roman curieux, un peu anachronique dans sa façon de recourir à la métaphore, réveille un imaginaire simple de l'initiation et élargit la langue. »

Tiphaine Samoyault, Le Monde

« Le style de Jonas Sollberger, tout à la fois librement broussailleux dans l’ordonnancement des paragraphes et l’émancipation de la ponctuation, parfaitement élagué dans le choix des mots comme des images, et toujours infiniment travaillé dans la quête éperdue d’une identité à trouver. [...] Une chose est certaine : dans la profonde forêt suisse, une rose littéraire a éclos. »

Stéphane Ehles, Télérama

« Qu’attend-on d’un premier roman ? Peut-être d’abord qu’il nous surprenne, et même qu’il secoue tout l’édifice de la littérature sous l’effet d’une voix inconnue… Les éditions de Minuit [...] se sont fait longtemps une spécialité de ce principe, que l’on retrouve aujourd’hui pour Viens Élie, bref roman-mystère d’un jeune homme de 25 ans, Jonas Sollberger, que l’on découvre avec un certain ravissement. [...]
Élie reste sourd aux injonctions du retour, à l’appel du dîner, aux souhaits de sa mère pour retrouver le giron dont la fuite de Moïse l’a, pour ainsi dire, délivré… Son entrée dans la forêt peut se lire aussi comme une sortie vers le monde, ses possibles, ses dangers. C’est un mouvement guidé par la peur, l’angoisse de la perte de cet oiseau échappé, introuvable, mais il vaut également pour affranchissement, libération du roman hors du cercle convenu de papa-maman : quelque chose, peut-être, comme ce fameux « devenir animal » dont parlait Gilles Deleuze, et qui correspondrait ici à l’envol d’un oiseau-mystère. [...]
Le texte désigne alors, avec une incertitude magnifique, presque fiévreuse, la possibilité – et la nécessité même – d’un espace qui le prolonge et l’accomplisse : le coeur noir et dangereux de la forêt, au centre de la fable, est en même temps l’échappée vers cet ailleurs promis, toujours déjà là, toujours remis. La quête est violente, inconfortable parfois, le livre même se révèle un peu âpre dans cette espèce de combat de la phrase contre le ressassement, mais c’est au nom d’un idéal extraordinairement élevé, le plus pur peut-être de la littérature. Et ce n’est pas si souvent que l’on peut se risquer à dire cela, avec admiration, du premier roman d’un jeune inconnu. »

Fabrice Gabriel, AOC

 

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