Romans


Éric Chevillard

Jaune soleil


2026
160 pages
ISBN : 9782707357663
18.00 €


C’était il y a longtemps, au Moyen Âge peut-être ou dans l’enfance, Philéon aimait Godelive, une fille avec le cou très fin et des cheveux jaune soleil. Clodomir aussi était épris d’elle, allait-il falloir se battre ? Aujourd’hui, on se demande surtout ce que monsieur Ristretto, vieil écrivain qui observe le monde avec perplexité depuis la terrasse du café Les Grands Ducs, on se demande bien ce qu’il fait là, au milieu de ces souvenirs.

ISBN
PDF : 9782707357687
ePub : 9782707357670

Prix : 12.99 €

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« Une taupe sort de terre pour voir s’il y a quelque chose au-dessus. Un vieil écrivain se remémore son enfance à la terrasse d’un café. Des amoureux médiévaux ne savent « plus comment se rendre inutiles ». Chevillard réendosse ses habits « autofictifs » dans un récit mélancolique et hilarant.
On se rappelle des dernières paroles ou presque de Marguerite Duras dans le testamentaire C’est tout (Éditions P.O.L., 1995), en dialogue avec Yann Andréa : « Y.A. : Elle fait quoi, Duras ? M.D. : Elle fait la littérature. » D’Éric Chevillard, on serait tenté d’écrire de même : « Il fait la littérature. » Ou bien, tout comme on peut résumer l’intrigue de La Recherche du temps perdu par « Marcel devient écrivain », on pourrait dire que le sujet de chaque récit de Chevillard est « Chevillard fait la littérature. »
Avant de se laisser prendre par la narration, toute délirante et piégeuse soit-elle, la première réaction du ou de la lecteur·ice est en effet de se dire : « Mais comment fait-il cela ? » Par quelle torsion des synapses et de la langue parvient-il à produire des objets aussi drôles que totalement fictifs, merveilleux, inexistants, bulles irisées qui éclatent de phrase en phrase au rythme d’une mitrailleuse décapitée ? Jadis, un dessinateur, faussement jaloux d’un autre, disait à propos de celui-ci : « Il a tellement de talent qu’il faudrait lui couper les doigts. » » 
Éric Loret, AOC

« L'écrivain jongle avec les idées, fait voltiger son style et l'on en sort grisé » Bernard Quiriny, Lire

« 25e livre d’Éric Chevillard aux Éditions de Minuit, 24e à être qualifié de roman (seul Monotobio qui reparaît simultanément dans la collection « double » échappe à cette catégorie de genre), Jaune Soleil, apporte une fois de plus la preuve, dès son formidable incipit – « La taupe bifurqua soudain, ouvrit une galerie verticale, repoussant avec énergie la terre devant elle, et risqua une tête à la surface pour vérifier enfin la persistante rumeur selon laquelle existerait tout un monde au-dessus » –, que si l’éditeur se privait d’imprimer le nom de l’auteur en couverture, on ne mettrait pas bien longtemps à le reconnaître via l’écriture, associée à divers modes de narration qui, d’un livre à l’autre, ne cessent de changer, tout en manifestant une remarquable fidélité à soi-même, retrouvant chaque fois un solide appétit pour les modes de variation. Quelques lignes suffisent – « Ainsi, tandis que va le monde, à bloc, à fond dans des directions divergentes, roulant en même temps sur toutes les pentes, emporté par son poids d’inertie […] » – pour savoir qui les a écrites, le plus singulier étant que ces lignes, on ne les a encore jamais lues ; car ce n’est pas par effet de répétition, voire d’autopastiche, que cet effet de reconnaissance opère, mais en trouvant une forme d’accord entre le sentiment de retrouvailles, comme quand on tombe sur tel ou tel paragraphe de ce roman qui aurait pu sans problème trouver sa place dans l’Autofictif – « Petit homme si fier de tes palais, réalises-tu que toute cette hauteur sous plafond ne profite qu’à tes mouches ? » –, et l’étonnement de découvrir un cheminement narratif inédit de la part d’un auteur qui a déjà tant écrit.
Comment faire passer ce que toute lecture attentive de Jaune Soleil (ne pas confondre avec Jaune le soleil) saisit à l’instant même ? Autrement dit : de quelle manière l’écriture de Chevillard poursuit-elle sa propre aventure, animée (je le note car ce n’est pas si courant) par un sens du montage très inventif ? » 
Christian Rosset, Diacritik

 

Voici le nouveau roman d’Eric Chevillard, Jaune soleil, qui paraît comme il se doit chez Minuit avec la réédition simultanée de son autobiographie Monotobio dans la collection de poche « Double », où Chevillard cite l’Organon d’Aristote sur la question du hasard… pour dire, au fond, que « tout arrive nécessairement et sans aucune indétermination ».
L’Organon aristotélicien est l’introduction à la logique la plus belle et la plus riche d’enseignements qui soit, comme l’a montré Heinrich Scholz dans son Esquisse d’une histoire de la logique (Aubier, 1968). Comme Aristote, Eric Chevillard est lui aussi un logicien. C’est d’ailleurs ainsi que le présentait le critique Jean-Baptiste Harang, qui rendait compte pour Libération du roman Les Absences du capitaine Cook, que Chevillard avait publié en 2001. Un roman sans histoire, sans le moindre héros, sans queue ni tête, sans tambour ni trompette, où même le capitaine Cook ne fait pas la moindre apparition, disait Harang. Bref, « un roman sans rien, noirci de bout en bout avec des mots d’une logique implacable, d’une fantaisie indiscutable, assenée par l’évidence, d’une intelligence contagieuse » (article repris dans « L’art est difficile » (J-B Harang, Julliard, 2004).
Chevillard est toujours d’une logique implacable « emballée ». Dans Jaune soleil, son nouveau roman, il met en scène des personnages qui paraissent être d’une autre époque – d’un monde très ancien –, les amoureux Clodomir, Philéon, Godelive, et le vieil écrivain Ristretto qui observe le monde depuis la terrasse du café Les Grands Ducs (comme Perec au café de l’église Saint-Sulpice, à Paris). Mais c’est avec une taupe qu’on ouvre son roman – une taupe qui risque « une tête à la surface pour vérifier enfin la rumeur selon laquelle existerait tout un monde au-dessus ». 
Didier Pinaud, Diacritik

 




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