Philosophie


Revue Philosophie

Philosophie n° 87


2005
96 p.
ISBN : 9782707319319
10.00 €

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Présentation Ce numéro s'ouvre sur la traduction, par A. Larivée, d'un article de Rickert intitulé  Psychologie des visions du monde et philosophie des valeurs , consacré à une analyse critique, voire polémique, de la Psychologie des visions du monde de Jaspers. L'enjeu en est cependant plus vaste : au-delà de Jaspers, c'est toute la Lebensphilosophie issue de l'influence conjointe de Nietzsche et Dilthey qui est visée, en tant que courant qui oppose aux exigences intellectualistes de la connaissance théorétique et de l'esprit de système la nécessité de l'évaluation a-théorétique et du prophétisme normatif, ainsi qu'un pragmatisme vital ancrant la production des valeurs dans les exigences propres à la vie. Rickert se livre à une défense du théoréticisme, de la recherche de l'a priori et de la volonté de systématisation.
A. Dewalque présente ensuite, dans  L'ontologie critique de Rickert , une analyse centrée sur l'ouvrage de 1930 La logique du prédicat. Il montre comment l'ontologie universelle projetée par Rickert, irréductible à la théorie de la valeur de Lotze et à la théorie de la connaissance kantienne, s'oppose aux ontologies respectives de Hartmann et Heidegger : ne se limitant à aucun domaine particulier de l'étant - sensible ou suprasensible –, elle doit embrasser l'étant en totalité et, à cet effet, aller au-delà de l'intuition donatrice et former des concepts discursifs. L'auteur montre comment cette ontologie procède au fil conducteur d'une analyse logique des propositions prédicatives pour distinguer les différents sens de l'être, et s'édifie ainsi sur un fondement critique et méta-logique ; c'est contre Heidegger qu'est dirigée la thèse de l'impossibilité d'arracher l'ontologie au primat de la logique.
Dans  L'écriture de l'histoire philosophique , G. Rockhill s'attache à cerner, chez Levinas, la tentative de repenser l'histoire de la philosophie à partir d'une critique de la pensée du Même qui inféode les diverses figures à une problématique unitaire, et du projet d'une  eschatologie de la paix messianique  qui reconnaisse l'altérité foncière de ces figures sans les intégrer à une totalité conceptuelle. G. Rockhill tente de caractériser, à partir du visage et du dédire, ce concept de l'Autre ou de l'altérité absolue censée soustraire l'histoire de la philosophie à l' impérialisme du Même , tout en exprimant une réserve critique quant à l'atteinte de cet objectif par Levinas.
Enfin, dans  La pensée sans lien , P. Gillot s'efforce de mettre en lumière une convergence – peu immédiate – entre la critique spinoziste de la res cogitans cartésienne et la critique wittgensteinienne de la thèse classique de l'intériorité. Par-delà l'hétérogénéité des contextes et des styles philosophiques, elle trace un parallèle entre les deux pensées, qui se rejoignent dans la thèse d'une pensée non substantielle et dépourvue de lieu (extra- autant qu'intra-psychique), le refus du dualisme métaphysique, la critique de la conception  picturale  de la compréhension, et la tentative de généalogie critique de la représentation de l'intériorité subjective. Sommaire HEINRICH RICKERT
Psychologie des visions du monde et philosophie des valeurs (1920).

ARNAUD DEWALQUE
L'ontologie de Heinrich Rickert.

GABRIEL ROCKHILL
L"écriture de l’histoire philosophique.

PASCALE GILLOT
La pensée sans lieu.
La critique de l’intériorité de Spinoza à Wittgenstein.

NOTE DE LECTURE


 

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